Les personnes en situation de handicap en Côte d'Ivoire
1ère PARTIE : LA JOURNEE HANDI-EMPLOI
Diplômée de l’Institut Supérieur de Commerce de Paris (ISC Paris) en Audit et
Management des Ressources Humaines, Mme Danièle Adahi BIKPO, promotrice de la
journée Handi-emploi et fondatrice du cabinet de recrutement et de conseil en
ressources humaines (La Libellule), organisa la 7ième édition de ladite journée
autour du thème : « l’accessibilité un facteur d’inclusion professionnelle ».
Cet évènement qui a réuni plusieurs acteurs (personnes en situation de handicap,
entreprises, partenaires…) s’est déroulé pour la première fois dans la capitale
politique de la Côte d’Ivoire, à savoir Yamoussoukro, plus précisément à la
fondation Félix Houphouët Boigny le jeudi 8 juin 2023. La SODECI, l’Agence
emploi jeunes, Brassivoire, la COOPEC, DHL, sponsor officiel de la 7ième
édition, etc. toutes ces entreprises et organisations ne voulaient pas se faire
conter l’évènement ni manquer de l’accompagner. Le terme retenu pour cette 7ième
édition de la journée Handi-emploi se veut très spécifique. Sa définition ne
devrait pas se limiter seulement aux personnes en situation de handicap mais
aller bien au-delà. Qu’entend-on par accessibilité ? L’accessibilité est la
capacité, la possibilité, voire le droit d’un individu d’avoir accès, ou
d’utiliser et de bénéficier de façon efficiente de tout ce qui l’entoure. On
entend par là, accès à l’environnement physique, aux transports, à
l’information, aux communications et à tout autre service ou infrastructure qui
sont ouverts et offerts au public, sur un pied d’égalité avec les autres. Elle
consiste aussi à garantir à chaque personne, qu’elle soit handicapée ou non, la
possibilité de comprendre un espace, de s’y intégrer et d’interagir avec son
contenu, d’après Vincent Bohouo. L’objectif essentiel en initiant cet évènement,
est d’emmener chacun à changer de regard sur les personnes en situation de
handicap afin de pouvoir les insérer plus facilement dans le monde du travail.
2ième PARTIE : LES BENEFICES DE LA JOURNEE HANDI-EMPLOI
En Côte d’Ivoire, on dénombre plus de 500,000 personnes en situation de handicap dont 65% attendent
encore d’être embauchées. Ces personnes sont marginalisées et leur insertion
professionnelle dans les structures privées est très souvent difficile voire
quasiment impossible : Par exemple, la majorité des personnes malentendantes
pensent que le chemin de l’emploi ne leur est point destiné du fait de leur
handicap. Nous devons par conséquent, de plus en plus les intégrer, les associer
dans la vie quotidienne en trouvant des moyens et solutions adaptés à leur
handicap et ainsi profiter de leur savoir-faire. C’est pourquoi, La Libellule,
premier cabinet de recrutement qui a comme cible, les personnes en situation de
handicap en Côte d’Ivoire, pour atteindre ses objectifs, a initié la journée
Handi-emploi dans l’optique d’accroitre la mise en relation entre les personnes
en situation de handicap et les entreprises. Une bonne initiative qui
permettrait aux décideurs, aux chefs d’entreprises, aux Directeurs de sociétés,
aux acteurs et décideurs du monde économique de trouver un outil adéquat à la
prise en compte de la diversité par le handicap. En témoigne la participation
fidèle de la CNPS, de DHL Côte d’Ivoire, partenaires depuis 7 ans dans les
missions de sensibilisation (70%), d’insertion et d’intégration professionnelle.
Le communiqué du 10 mai 2023 sur sa page Facebook (La Libellule), stipule que
plusieurs personnes en situation de handicap ont été recrutées en stage, formées
et ont évolué au sein de l’entreprise DHL. A ce jour, plus de 400 personnes sont
en stage dont 15% en CDD et 5% en CDI. A cette 7iéme édition, nous soulignons la
participation de Brassivoire qui a offert dans l’après-midi du jeudi 8 juin un
HandiShowtime pour divertir toutes les personnes présentes à l’évènement. C’est
le lieu de rappeler à tous, que ces personnes oubliées de la société, ont besoin
de s’amuser, sortir, se sentir partie intégrante de la société… C’est à nous
qu’il revient la lourde charge de démentir qu’avoir un handicap, ne fait pas de
soi un rejeté de la société.
3ième PARTIE : COMPRENDRE LE HANDICAP ET L’ACCEPTER
La plupart des gens se focalisent sur les personnes ayant des handicaps
physiques selon Mme Nelly Coulibaly Présidente de Rayon d’Espoir. Or il existe
plusieurs types d’handicap : handicap moteur (physique, albinisme, petite
taille), sensoriel (malentendant, malvoyant ou non-voyant…) intellectuel, mental
ou cognitif ou psychique, d’un polyhandicap ou trouble de santé invalidant
dûment reconnu. Il va sans dire qu’avoir un handicap, c’est présenter une
incapacité physique, une déficience sensorielle ou intellectuelle ou des
troubles psychiques dont les origines diverses. Elle peut remonter à la
naissance, à l’enfance, à l’adolescence ou être survenu plus tard, au cours de
leurs études supérieures ou de leur vie professionnelle. Ce handicap peut ne pas
avoir une grande incidence sur leur aptitude à travailler et à prendre part à la
vie sociale. Permettez-moi de vous conter l’histoire d’un père de famille, marié
depuis le 20 juillet 2019, père de 4 enfants, informaticien dans l’une de nos
universités. Mr. Landry, était un brave jeune-homme qui poursuivait ses études à
Abidjan. Un jour, il fut très souffrant et dans l’incapacité de marcher, les
parents furent contraints de le conduire à l’hôpital pour des examens
approfondis. A leur grand désarroi, la nouvelle fut donnée comme quoi, leur fils
ne pourrait plus marcher… Refusant cet état de fait, Mr. Landry voyait ses rêves
de fonder une famille, de pratiquer le sport (son hobby) s’envoler, jusqu’au
point ou-il voulu se suicider. Comme par le passé, il fréquentait une jeune
fille, c’est cette dernière qui lui redonna espoir et goût à la vie. Finalement,
après la crise de 2011, tous deux se marièrent et aujourd’hui en 2019, le couple
vit très heureux.
4ième PARTIE : L’EMPLOYABILITE DES PERSONNES EN SITUATION DE
HANDICAP
Symbole de NOUVEAU DEPART professionnel, La Libellule est spécialisée
dans l’insertion, la sensibilisation et le maintien dans l’emploi des personnes
en situation de handicap. Cible : les personnes en situation de handicap Comment
recrute-t-elle ? Ces derniers passent un test de personnalité, rencontrent un
psychologue et/ou un professionnel du travail, et un médecin du travail pour un
certificat d’aptitude physique et intellectuel afin de constituer des dossiers à
la demande des profils des employeurs. Afin de promouvoir leur employabilité,
ces actions sont loin d’impacter le plus grand nombre d’entreprises sans l’aide
de l’Etat de Côte d’Ivoire. Il faut plus d’engagement de nos gouvernants aux
côtés des sociétés, des prises de lois efficaces en faveur de ces personnes. •
L’Etat peut faire en sorte que les personnes handicapées bénéficient de chances
égales au travail par des textes de lois clairs et sans ambiguïté ; • Améliorer
les possibilités d’emploi des personnes handicapées en facilitant leur
recrutement, leur retour à l’emploi, leur maintien dans l’emploi et leur
promotion ; • Promouvoir un environnement de travail sûr, accessible et sain ; •
Flexibilité maximale sur les dépenses de l’employeur, liées au handicap de
certains travailleurs (soins de santé et assurance) ; • Changer les procédures
de recrutement ou d’embauche ; • Adapter la formation des cursus universitaires
et scolaires à certains types de handicap ; • Optimiser la contribution que les
personnes handicapées peuvent apporter à l’entreprise… En Côte d’Ivoire,
l’insertion des personnes en situation de handicap reste très faible malgré la
bonne volonté du gouvernement. Ce dernier est beaucoup trop flexible envers les
sociétés qui normalement, d’après le décret 2018-456 du 09 mai 2018, article 8
que je cite : « tout employeur est tenu d’employer des personnes en situation de
handicap jusqu’à 100 travailleurs permanents, au moins une personne en situation
de handicap ; au-delà de ce nombre, 2% de l’effectif… Ce qui n’est pas le cas et
il n’y a aucune sanction qui accompagne cette violation (d’après Mme Danièle
Adahi) ni aucune procédure de recrutement les incluant non plus.
5ième PARTIE :
REGARD SUR LES ETUDIANTS EN SITUATION DE HANDICAP : CAS DE L’UVCI
La
compréhension du concept de handicap est complexe et évolue constamment. Une
définition simple serait celle de toute restriction ou manque de capacité à
réaliser une activité de façon habituelle, résultant d’une déficience. Or, selon
la Convention relative aux droits des personnes handicapées, le handicap «
résulte de l’interaction entre des personnes présentant des incapacités et les
barrières comportementales et environnementales qui font obstacle à leur pleine
et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres
». La convention relève bien 2 aspects à prendre en compte : incapacités pour
certains et barrières comportementales pour d’autres. Ce qui signifie, que ces
personnes sont spéciales, à part entière. Elles savent aussi s’intégrer dans la
société si l’on crée le cadre ou leur en donne l’opportunité. Plusieurs parmi
elles sont des super-doués, des génies…mais que la société a caché au monde.
L’université Virtuelle de Côte d’Ivoire (UVCI), qui compte en son sein quelques
étudiants en situation de handicap, organise très rarement des séminaires qui
évoquent le cas de ces étudiants. Certes, chaque communauté est autonome,
cependant, pour nos frères et sœurs vivant avec un handicap, la direction de
l’université doit les accompagner afin qu’ils puissent poursuivre leurs études
en tout confort. Nous, étudiants de l’UVCI, devront apprendre à organiser des
activités en tenant compte de ces facteurs. Mieux, nous pourrons organiser des
débats autour de ces thèmes, recueillir les témoignages du vécu de nos camarades
en situation de handicap qui sont les oubliés de notre société. C’est ainsi,
qu’ils se sentiront en famille, auront la force d’affronter le regard d’autrui
pour certains ou avoir la motivation de poursuivre leur formation. Nous créerons
ainsi, sans le savoir, un cadre convivial de vivre ensemble, une communauté
forte et variée.

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